Concepts de base en Analyse Transactionnelle


Eric Berne a souhaitĂ© que les concepts de l’Analyse Transactionnelle soient facilement accessibles, et utilisables par un enfant dès l’age de six ans. Voici quelques concepts clĂ©. En avez-vous dĂ©jĂ  entendu parler ?

Ces diffĂ©rents concepts sont abordĂ©s dès le cours d’introduction AT (101).

Les jeux psychologiques

Le Jeu psychologique se constitue d’une sĂ©rie d’Ă©changes plein de sous-entendus qui progresse vers un rĂ©sultat bien dĂ©fini et prĂ©visible. La personne qui lance le Jeu, au lieu d’exprimer directement ses pensĂ©es, ses dĂ©sirs, et ses besoins, utilise les transactions (transactions doubles) pour les camoufler.

Le film Oui, mais… prĂ©sente quelques un de ces jeux.



Le Jeu amène des changements dramatiques d’Ă©tat du moi, des ruptures dans la communication, des escalades dans le conflit et une insatisfaction gĂ©nĂ©ralement intense : colère, peur, tristesse, culpabilitĂ©, etc. Il se termine par un malaise, oĂą l’un des interlocuteurs au moins Ă  l’impression de “s’ĂŞtre fait avoir”.

Les Positions de vie

Pour Berne, la position de vie est la manière fondamentale et constante à partir de laquelle une personne se situe face à elle-même et face aux autres :

  • je ne suis pas OK et tu n’es pas OK
  • je ne suis pas OK et tu es OK
  • je suis OK et tu n’es pas OK
  • je suis OK et tu es OK

Ce concept permet de comprendre la dynamique existentielle Ă  partir de laquelle une personne a construit son identitĂ© et comment elle Ă©tablit aujourd’hui des relations positives ou nĂ©gatives de façon cohĂ©rente avec son histoire. La mise en Ă©vidence de la position de vie est un Ă©lĂ©ment dĂ©terminant dans le traitement du scĂ©nario et l’orientation vers la guĂ©rison.

Les soifs

Berne a mis en Ă©vidence trois besoins essentiels Ă  tout ĂŞtre humain :

  • soif de stimulation
  • soif de reconnaissance
  • soif de structure.

Ces besoins doivent ĂŞtre satisfaits pour qu’une personne se maintienne dans un Ă©tat d’Ă©quilibre physiologique et psychologique. Au cours d’un accompagnement, la prise de conscience d’un manque dans la gestion de ces besoins peut aider le sujet Ă  changer et Ă  envisager de nouvelles options allant dans le sens de sa santĂ© et de sa guĂ©rison.

Les États du Moi

Selon Berne, “un Etat du moi est un système cohĂ©rent de pensĂ©es et de sentiments mis en Ă©vidence par un type de comportement correspondant”. L’ensemble de ces Ă©tats du moi constitue la personnalitĂ© de l’individu.

Le Parent

Les comportements, pensĂ©es, sentiments des parents ou d’autres figures parentales influentes sont intĂ©riorisĂ©s et deviennent, Ă  l’âge adulte, une partie distincte de la personnalitĂ©. Cet Ă©tat du moi va s’activer chaque fois que nous avons Ă  prendre soin ou Ă  exercer un contrĂ´le. Nous le dirigeons vers autrui, ou envers notre propre Ă©tat du moi Enfant.

L’Adulte

Il est constituĂ© d’un ensemble complexe d’informations acquises par la perception et par les sens. Il reprĂ©sente la vie telle que la personne l’a expĂ©rimentĂ©e Ă  une Ă©tape de sa vie en termes de pensĂ©es, de sentiments et de comportements avec les conclusions logiques qu’elle en a tirĂ©es. Il se manifeste chaque fois que la personne pense, sent et agit de manière cohĂ©rente avec la situation du moment. Son fonctionnement Ă©chappe Ă  l’affectivitĂ© et au jugement de valeur.

L’Enfant

Aux niveaux des sĂ©quences de pensĂ©es, de sentiments et de comportements, ce système ressemble Ă  l’enfant que nous avons Ă©tĂ© jadis. A tout moment de la vie, il peut ĂŞtre stimulĂ© par des situations qui nous invitent Ă  rĂ©activer la façon d’ĂŞtre de notre enfance : excitation, angoisse, vulnĂ©rabilitĂ©, etc. Il exprime les besoins, sensations, Ă©motions, toute l’affectivitĂ© de l’individu qui s’est dĂ©veloppĂ©e dans l’enfance.

Les Transactions

On appelle transaction un Ă©change entre deux Ă©tats du moi, constituĂ© d’un stimulus et d’une rĂ©ponse Ă  ce stimulus. L’analyse des transactions permet de comprendre comment nous communiquons, de repĂ©rer et de traiter les dysfonctionnements dans la communication.

Les sentiments parasites

En AT, les quatre sentiments de base sont la joie, la tristesse, la colère, la peur. Le petit enfant apprend quelquefois Ă  rĂ©primer l’un de ces sentiments qui n’est pas acceptĂ© dans sa famille pour le remplacer par un autre sentiment qui est autorisĂ©. Il utilise alors ce sentiment dit “parasite” ou “racket” pour obtenir les gratifications et signes de reconnaissance dont il a besoin. Plus tard, il pourra entretenir des relations confuses en continuant inconsciemment Ă  utiliser ses “sentiments – parasites” dans la relation aux autres.

Le Scénario de vie

Berne dĂ©finit le scĂ©nario comme “un plan de vie inconscient reposant sur des dĂ©cisions prises dans l’enfance, renforcĂ©es par les parents, justifiĂ©es par les Ă©vĂ©nements ultĂ©rieurs, aboutissant Ă  une fin prĂ©visible et choisie”.
Ce concept est fondamental pour saisir la dynamique intrapsychique et interpersonnelle. Il permet de comprendre que les gens prennent dans l’enfance des dĂ©cisions pour survivre et rĂ©pondre Ă  leurs besoins immĂ©diats d’amour, de sĂ©curitĂ© et de protection, et que plus tard ils continuent inconsciemment Ă  se conformer Ă  ces dĂ©cisions mĂŞme si elles sont dommageables et les limitent dans leur croissance et leur Ă©panouissement.

L’Autonomie

Depuis Berne, le but du traitement en AT est orientĂ© vers la guĂ©rison du scĂ©nario et l’autonomie. L’autonomie correspond Ă  l’utilisation par la personne de ses capacitĂ©s de conscience, de spontanĂ©itĂ© et d’intimitĂ©. La personne autonome accepte la responsabilitĂ© de ce qu’elle vit, prend ses dĂ©cisions en fonction de ses critères personnels et non plus pour s’adapter, vit ses sentiments authentiques et les exprime selon ses choix, perçoit l’autre et elle-mĂŞme comme une personne qui a le droit d’exister et mĂ©rite d’ĂŞtre respectĂ©e.