Livre « Expériences somatiques » de William Cornell


Le livre de William Cornell « Expériences somatiques en psychanalyse et psychothérapie », traduit par Patrick Baileau a été offert à notre bibliothèque par Mireille Binet. Un grand merci !


Couverture du livre. Source : Norppa.

Page de couverture

« Le corps du patient, tout comme celui de l’analyste, est l’objet d’une attention croissante dans la théorie et la pratique psychanalytiques contemporaines. Considérées comme essentielles pour la vitalité humaine, l’expérience corporelle et la sexualité bénéficient aujourd’hui d’un regard renouvelé. La plupart de la littérature existante est au demeurant le fait d’analystes n’ayant pas reçu de formation formelle en travail corporel.

Dans ce livre, William Cornell présente à partir de sa pratique en psychothérapie corporelle une association de ces deux traditions et propose aux psychanalystes – dans leur langage – une compréhension approfondie du travail avec le corps en considérant ce dernier comme un allié.

“Expériences somatiques en psychanalyse et en psychothérapie” a pour objet premier les expériences somatiques et les interventions corporelles directes tant dans la pratique de la psychanalyse que de la psychothérapie. L’ouvrage fournit une lecture rigoureuse des écrits de Wilhelm Reich, repositionnant son travail dans un cadre psychanalytique contemporain. Il re-présente également les travaux de Winnicott en mettant particulièrement l’accent sur les fondements somatiques de ses théories.

William Cornell inclut des études de cas vivantes et détaillées comprenant le récit de ses propres expériences corporelles. Il illustre les différentes manières de prêter attention au corps et d’intervenir sur celui-ci : descriptions verbales d’expériences perçues par les sens, mouvements exploratoires et enfin, contact physique direct.

Présentant une théorie pertinente et un matériel clinique significatif, “Expériences somatiques en psychanalyse et en psychothérapie” offre aux psychanalystes un accès à l’introduction du travail corporel dans leur pratique clinique. Il apporte à la pensée psychanalytique une nouvelle approche de la psychothérapie corporelle où l’expérience somatique est perçue comme un allié de la croissance psychique et interpersonnelle.

Le livre est un ouvrage essentiel pour les psychanalystes, les psychothérapeutes d’orientation psychodynamique, les analystes transactionnels, les psychothérapeutes pratiquant la psychothérapie corporelle, les Gestalthérapeutes, les conseillers et les étudiants. »

Extrait

« Qu’est-ce que signifie vivre dans son corps ? Comment trouvons-nous le langage adéquat pour exprimer l’expérience que nous avons de notre corps ?

Alors qu’est souvent citée la phrase de Freud selon laquelle l’ego est avant tout et essentiellement un ego corporel, la place et la signification des expériences corporelles en psychanalyse et en psychothérapie demeurent fragiles. Les références psychanalytiques aux modes d’expérience corporels lors du processus thérapeutique lient souvent le corps à des notions de régression, au primitif, au concret, au non-symbolisé, au non-mentalisé – c’est-à-dire à des niveaux d’expérience qui nécessitent d’être métabolisés en des espaces plus matures de l’organisation psychique.

Ce livre est basé sur un principe différent. Celui selon lequel les êtres humains peuvent posséder une conscience profonde et durable d’eux-mêmes grâce à une expérience de leur corps qui le serait également ; celui selon lequel nos corps sont des ressources puissantes en matière de croissance psychique grâce aux capacités de leurs sens et de leur sexualité. Ils ne sont pas seulement des prisons pleines de débris primitifs ou des machines neuromusculaires fonctionnant mécaniquement. Ils nous fournissent des moyens essentiels à notre propre développement et pour le contact avec les autres.

C’est une prémisse de ce livre qu’une attention informée et soutenue vis-à-vis des expériences corporelles puisse assurer une passerelle indispensable entre le domaine de l’inconscient et celui de nos capacités conscientes en matière de compréhension, de choix, d’action et de vitalité.(…)

Quand j’ai découvert ce terme de chair chez Merleau-Ponty, je l’ai trouvé profondément évocateur de la manière dont je comprenais mon travail de psychothérapeute corporel. Il évoque à la fois la vitalité et la fragilité du corps, le sens d’un corps vécu et vivant (…) La chair est un moyen de contact. Elle est la peau avec la profondeur, le mouvement et la vitalité. La peau et les muscles deviennent chair lorsqu’ils se mêlent à la chair de l’autre, s’y confondent. Il y a également l’excitation dynamique et exacerbée de la chair : la capacité d’exciter et de perturber, le désir de s’introduire dans et sous la peau d’un autre, d’entrer dans l’autre d’une manière qui ne pourra être oubliée, d’être pris et rempli par un autre, de pénétrer et d’être pénétré lors de relations intimes (…)
La chair est vivante. La chair se rappelle. La chair porte le désir. Et la terreur (…) ».